Les cirques itinérants n’offrent pas des conditions de vie adaptées aux ours, grands félins, éléphants et autres animaux sauvages qu’ils exploitent7.12.2021

Les cirques itinérants ne sont pas en mesure de répondre aux besoins complexes des animaux sauvages. Étant donné qu’ils changent constamment d’emplacement, ils font appel à de petits enclos et cages mobiles qui leur permettent de gagner de l’espace et qu’ils peuvent monter/démonter rapidement. Les animaux sauvages ne peuvent tout simplement pas donner libre cours aux instincts propres à leur espèce dans ces conditions.

La situation dans l’UE

2021

Les problèmes réguliers de bien-être animal et les inquiétudes croissantes quant à l’éthique de l’utilisation d’animaux sauvages à des fins de divertissement public ont conduit le public à réclamer de plus en plus la fin de cette pratique. En Europe, cela se reflète dans la législation nationale de 23 États membres, ainsi que dans celle de l’Angleterre, du Pays de Galles et de l’Écosse, qui ont adopté des restrictions sur l’utilisation de tous les animaux, ou exclusivement des animaux sauvages, dans les cirques.

Le 13 octobre 2021, une pétition d’un million (1.000.000) de signataires demandant l’interdiction de l’utilisation d’animaux sauvages dans les cirques au sein de l’Union européenne a été remise à la Commission européenne à Bruxelles.

QUATRE PATTES, l’organisation mondiale de protection des animaux, a déclaré que seule une « interdiction totale » coordonnée dans toute l’Union européenne pourrait mettre fin à ce « commerce cruel » et « garantir une solution cohérente et efficace à la souffrance physique et émotionnelle des animaux sauvages dans les cirques. »

Les animaux sauvages dans les cirques

Une avancée majeure en France

2020

Le mardi 29 septembre 2020, Barbara Pompili, la Ministre de la Transition Écologique a annoncé une interdiction progressive de la présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants en France.

2021

Le Parlement et le Sénat français ont adopté le 18 novembre 2021 une loi visant à lutter contre la maltraitance animale et conforter le lien entre les animaux et les hommes. Cette loi apporte une avancée majeure l’acquisition et la reproduction des animaux de cirque seront interdits d’ici 2023 et la détention et le spectacle d’animaux sauvages dans les cirques itinérants seront interdits d’ici 2028. QUATRE PATTES salue cette nouvelle loi qui constitue une étape historique pour la cause animale et qui vise à mettre fin à la souffrance des animaux sauvages dans les cirques en France.

Que vont devenir les animaux sauvages appartenant aux cirques en France ?

Le devenir de centaines d’animaux sauvages des 120 cirques itinérants actuels a fait l’objet d’un consensus entre le Parlement et le Sénat. Il sera interdit pour les cirques d’acquérir des nouveaux animaux sauvages et de reproduire les animaux au public d’ici à deux ans. Leur détention ne sera interdite que d’ici à sept ans et les spectacles d’animaux sauvages dans les cirques itinérants seront interdits d’ici 2028. Le texte présente toutefois plusieurs échappatoires:

  • D’une part, des dérogations pourront être prévues par décret, s’il n’existe pas de capacités d’accueil favorables, et qui permettront aux cirques de garder les animaux après l’entrée en vigueur de l’interdiction.
  • D’autre part, l’interdiction des animaux sauvages dans les cirques ne s’applique pas pour les établissements de spectacles fixes. Ces établissements fixes devront répondre aux règles générales de fonctionnement des zoos.

Selon le fichier national d’identification des animaux d’espèces sauvages détenus en captivité, pas moins de 800 animaux, parmi lesquels 450 fauves, sont répartis dans les 120 cirques itinérants de France.

QUATRE PATTES estime que le délai de deux ans pour interdire l’achat et la reproduction d’animaux sauvages dans les cirques est contre-productif. La population d’animaux sauvages dans les cirques peut potentiellement augmenter et il sera encore plus difficile de trouver une place pour ces animaux au sein de refuges et sanctuaires. Nous regrettons également que des dérogations aux interdictions puissent être accordées après leur entrée en vigueur, permettant aux cirques de détenir des animaux sauvages.

QUATRE PATTES et ses partenaires aideront à trouver des logements adaptés aux espèces pour les anciens ours et grands félins de cirque. Dans les refuges, les animaux trouveront un foyer adapté aux besoins de leur espèce et ils pourront passer le reste de leur vie dans un environnement calme.

Éléphant dans le cirque

POURQUOI LES ANIMAUX SAUVAGES N’ONT-ILS RIEN À FAIRE AU CIRQUE ?

  • Une alimentation et des conditions de détention inappropriées : de nombreux animaux de cirque sont en mauvaise santé, mal nourris et mal soignés. Les cirques ont rarement l’argent et les compétences nécessaires pour s’occuper des animaux de manière adaptée.
  • Des conditions d’élevage discutables : nombre des animaux sauvages évoluant dans des cirques ont été séparés trop tôt de leur mère et élevés par des êtres humains. Voilà pourquoi ils sont plus dociles et parviennent à vivre à proximité des hommes, contrairement aux animaux vivant en liberté. La relation non naturelle qu’ils tissent avec les êtres humains entraîne un manque de socialisation avec leurs congénères ainsi que des problèmes de comportement. Quant au lieu de naissance des animaux et leur sort une fois trop vieux pour faire des prouesses sur la piste, les spectateurs du cirque n’en sont pas informés.
  • Des prouesses peu naturelles : certains avancent que les performances réalisées sur la piste du cirque viennent compenser l’immobilité prolongée des animaux au quotidien. En réalité, les mouvements non naturels réalisés par les animaux et répétés tous les jours n’ont rien à voir avec leur comportement naturel et entraînent souvent des problèmes d’ordre physique tels que l’arthrose.
  • Des structures sociales qui n’offrent pas des conditions de vie adaptées : les cirques constituent souvent des groupes d’animaux qui n’ont rien de naturel, sans tenir compte des spécificités liées à chaque espèce. Par exemple, les lions  sauvages vivent dans des meutes de 30 animaux tandis que les tigres sont plutôt des solitaires.
  • Beaucoup d’ennui et peu d’espace : les animaux sauvages souhaitent tout simplement faire ce qu’ils feraient dans la nature, c’est-à-dire chasser, manger, grimper, creuser, se baigner et bien plus encore, ce qui est impossible dans des cages étroites. D’autre part, de nombreux animaux présentent des problèmes de comportement à cause de l’ennui et du manque d’espace.
  • L’environnement offert aux animaux sous le chapiteau : les animaux sont exposés à des bruits constants du fait de la musique, des discours et des applaudissements, à de la lumière artificielle et à des températures élevées sous le chapiteau : tout cela n’a rien à voir avec un environnement naturel.
  • Les déplacements constants : les cirques peuvent changer d’emplacement jusqu’à 40 fois par saison. Les enclos sont fréquemment montés/démontés, ce qui signifie que les animaux passent beaucoup trop de temps dans des caisses de transport étanches. De plus, des études ont montré que plus le trajet est long, plus les animaux tournent en rond dans leur cage. Ce type de trouble du comportement représente une source de stress pour eux.

QUATRE PATTES DEMANDE

  • Le retrait immédiat des animaux exposés à des conditions de détention particulièrement mauvaises et leur transfert dans un cadre de vie approprié.
  • Des contrôles approfondis de l’interdiction de la reproduction et du remplacement des animaux sauvages à court terme dans les cirques.  
  • Mise à disposition d’un espace pour les anciens animaux de cirque (afin que les cirques ne puissent pas les garder). Coopération avec les organisations de protection des animaux pour trouver des foyers adaptés aux espèces pour ces animaux.
  • L’interdiction de la présence d’animaux sauvages dans des cirques avec une période de transition raisonnable dans l’ensemble de l’UE