Surpopulation endémique, insalubrité de nombreux d’établissements, augmentation des violences… c’est le bilan sévère dressé par l’Observatoire international des prisons (OIP) dans son rapport sur l’état des conditions de détention. Un rapport que nous soutenons. Décryptage au cœur des prisons françaises. 

Dans son rapport « Dignité en prison. Quelle situation deux ans après la condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme ? », l’Observatoire international des prisons (OIP) pointe l’inefficacité des mesures prises par les pouvoirs publics pour améliorer les conditions de détention. 

Pourtant, le 30 mai 2020, la France était condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour ses prisons indignes. L’Etat français était sommé de prendre des mesures pour mettre un terme à la surpopulation carcérale. Deux ans après, quelle est la situation dans les prisons françaises ? 

DES PRISONS SURPEUPLÉES

En mai 2022, 71 038 personnes étaient détenues en France et le taux d’occupation moyen en maison d’arrêt était de 138,9%. 

Plus d’un détenu sur deux vit dans des prisons occupées à plus de 120%. 

Pour l’OIP, les conséquences de cette surpopulation carcérale dans les maisons d’arrêt sont détaillées : promiscuité, manque d’intimité, non-séparation des différentes catégories de détenus, augmentation des tensions et violences. Les détenus sont contraints de dormir à deux, trois parfois quatre dans une même cellule.  

Nous sommes trois en cellule et je dors à même le sol dans un espace de 6m2 (…). Nous sommes enfermés 22 heures sur 24.

Une personne détenue à la maison d’arrêt de Béziers, septembre 2021

DÉTÉRIORATION DES CONDITIONS DE DÉTENTION  

L’OIP fait état de conditions de vie dégradées et indignes dans des établissements pénitentiaires dont une proportion importante est vétuste et insalubre, du fait notamment d’un sous-investissement immobilier chronique, de défauts de conception, du manque d’entretien.  

« L’hiver, j’ai les cervicales qui se bloquent à cause du froid en cellule. Je suis obligée de mettre deux pyjamas, un peignoir et un bonnet pour me réchauffer. Les murs sont mouillés d’humidité », témoigne une femme incarcérée.  

J’ai fait plusieurs tentatives de suicide. Je n’en peux plus des rats, je n’arrive pas à dormir. Les cafards, les insultes entre détenus, j’ai peur. 

Un détenu à la prison de Fresnes, septembre 2021.